Homélie de Son Eminence Fridolin Cardinal AMBONGO, pour la messe des Rameaux (dimanche10 avril 2022)


Paroisse St Augustin

Dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur Première lecture : Isaïe 50,4-7 Psaume : Psaume 22.8–9, 17–20, 23–24 Deuxième lecture : Philippiens 2,6-11 Evangile : Lc22, 14-23, 56


Mes Chers Diocésaines et Diocésains, Frères et Sœurs dans le Seigneur,


1. Avec vous et pour vous, paroissiennes et paroissiens de St Augustin de Lemba, je célèbre aujourd´hui le dimanche des Rameaux et de la Passion du Seigneur. Ce double événement nous introduit dans la Semaine sainte, au cours de laquelle nous allons revivre les grands mystères de notre foi, à savoir : la Passion, la Mort et la Résurrection de notre Seigneur Jésus.


2. A travers la procession que nous avons faite tout á l´heure, rameaux à la main et cantiques des louanges sur les lèvres, répétant avec joie le mot « Hosanna », nous nous sommes associés à ces nombreux hommes, femmes et enfants de Jérusalem, qui ont accueilli et acclamé Jésus comme leur messie et leur roi. En effet, Jésus monte à Jérusalem pour y célébrer la Pâques et la foule des disciples remplie de joie s´écrie à pleine Voix : « Béni soit celui qui vient, lui, notre Roi, au nom du Seigneur » (Lc 19, 38). Telle a été aussi notre joie pendant la procession.


3. Frères et sœurs dans le Seigneur, le dimanche des rameaux inaugure ainsi la série des événements décisifs du mystère chrétien et de notre foi. Aujourd’hui, nous sommes appelés nous aussi à accueillir Jésus comme notre Roi. Mais de quel roi s´agit-il ? Ou encore en quoi consiste sa royauté ? Il est, en effet, le Roi de l´amour et le Roi de la paix. Il n´est pas roi à la manière de ce monde. Car il est un roi qui a comme couronne les épines et comme trône la croix, sur laquelle il sera mis à mort comme un criminel, et qui est devenue paradoxalement source de notre salut.


4. Méprisé et moqué par les hommes, Jésus est pourtant l´unique et le vrai Roi. Devant Pilate qui veut savoir s´il est le roi des Juifs, Jésus déclare : « C´est toi qui le dis » (Lc 23, 3). Il est donc Roi, mais sa royauté n´est pas de ce monde- En effet, plus d’une fois, les foules avaient même voulu faire de lui leur roi, mais il ne s’est jamais laissé faire parce qu’il savait bien ce que signifie être roi selon les hommes.


5. Oui, la royauté de Jésus n´est pas de ce monde, car elle est service, plutôt que domination, elle est pardon plutôt que condamnation, elle est paix plutôt que violence, elle est amour plutôt que haine. Jésus dont nous célébrons également la passion aujourd’hui est donc le Roi de l´amour et de la paix, et il apporte la vie á notre monde. C´est pour cela qu´il a vécu, et c´est à cause de cela qu´il a connu la Passion et qu´il est mort pour nous.


6. Frères et sœurs dans le Seigneur, ce dimanche est donc aussi celui de la Passion, dans le double sens du mot, à savoir : Passion comme amour et passion comme souffrance. Jésus nous a tellement aimés qu´il a accepté d´endurer la souffrance pour nous, voire d´accepter la mort sur la croix. En célébrant le dimanche des rameaux et la Passion de notre seigneur Jésus dans une même liturgie, l´Eglise nous rappelle la proximité entre la gloire et la croix. Et chacun de nous en fait l´expérience dans sa vie personnelle, familiale ou professionnelle.


7. Aujourd´hui, Jésus entre triomphalement à Jérusalem pour y vivre sa passion. Le procès, la passion et la mort ignominieuse qu´on lui a fait subir et dont nous avons suivi le récit aujourd´hui nous dévoilent l’extrême méchanceté du cœur de l’homme, quand il est envahi par le péché. A cause du pouvoir, l’homme est prêt à tout : Il peut mentir, conspirer, fomenter des coups et tuer pour accéder au pouvoir.


8. La mort de Jésus sur la croix est l’expression de son obéissance sans faille et de sa détermination pour aller jusqu’au bout de la mission que le Père lui avait confiée. « Il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 7). La flagellation, les insultes et les moqueries n’ont pas eu raison de lui. Le Serviteur souffrant est resté fidèle à Dieu et n´a su compter que sur lui. Sa Passion se termine ainsi par un cri d’espérance par lequel il confie définitivement son destin entre les mains de son Père : « Père, entre tes mains je remets mon esprit » (Lc 23, 46). Dieu seul a donc le dernier mot ; et Lui, il ne juge pas selon les apparences.


9. Il nous arrive, frères et sœurs, de subir des injustices, des humiliations et des outrages de toutes sortes à cause de notre foi. Il nous arrive aussi de porter toutes sortes de croix dans la vie, et de souffrir dans notre cœur et dans notre corps. La vie elle-même semble devenir un calvaire et une croix difficile à porter, tant la misère et les injustices sont de plus en plus grandissante. Souvenons-nous alors de la Passion de la Passion de notre Seigneur et associons nos peines à sa croix glorieuse, pour que la vie triomphe sur la mort.


10. Que le Roi de l´amour et de la paix règne à jamais dans nos cœurs. Que sa Passion nous obtienne le salut et la vie éternelle. Amen.


Fridolin Cardinal AMBONGO, ofm cap

Archevêque Métropolitain de Kinshasa