Homélie de Son Eminence Fridolin Cardinal AMBONGO Jeudi Saint 2022


Homélie de Son Eminence Fridolin Cardinal AMBONGO Jeudi Saint 2022 à la Paroisse Saint Pierre. Le 14 avril 2022 La Cène du Seigneur : Ex !2, 1-8.11-14 ; 1Cor 11, 23-26 ; Jn 13, 1-15


Mes chères Diocésaines et Diocésains, Frères et sœurs dans le Seigneur,


1. Je suis heureux d´être ici à la Paroisse St Pierre de la commune de Kinshasa pour la Célébration de la Cène du Seigneur. En vous saluant tous et toutes, je vous remercie pour l´accueil fraternel que vous me réservez dans votre paroisse. En ce soir du jeudi de la Semaine sainte, nous nous souvenons avec gratitude du geste fondamental posé par Jésus qui, en instituant l´Eucharistie et le sacrement de l´Ordre, a manifesté son ardent désir de demeurer avec nous et d´assurer sa présence réelle et continue au milieu de nous.


2. Je saisis ainsi cette occasion pour souhaiter à tous les prêtres une bonne fête de sacerdoce. Chers confrères dans le sacerdoce et chers prêtres, en ce jour où le Christ s´est anéanti et a pris l´attitude et la posture du serviteur, lavant les pieds de ses disciples, je prie le Seigneur pour que votre sacerdoce soit essentiellement tourné vers l´humble service de vos frères et sœurs dans la foi. Soyez des prêtres heureux !


3. Frères et sœurs dans le Seigneur, la liturgie de la Parole du jeudi saint nous dévoile la portée et le sens du mystère que nous célébrons aujourd´hui, à savoir : le mémorial du Seigneur. Après l´institution de l´Eucharistie, Jésus laisse à ses disciples cette prescription : « Faites ceci en mémoire de moi » (1Cor11, 24). Après avoir lavé les pieds de ses disciples, il donne à ceux-ci une autre prescription : « Comme j´ai fait pour vous, faites de même » (Jn 13, 15).


4. Cette double prescription nous concerne nous aussi aujourd´hui. Elle doit être comprise comme un appel pressant non seulement à prolonger la présence rassurante du Christ parmi nous, mais aussi et surtout à servir le prochain avec amour et dévouement, à l´exemple du Seigneur lui-même. Oui, frères et sœurs, quel que soit le service que nous rendons aux autres, si celui-ci est inspiré par l´amour, il prend alors une dimension extraordinaire et nous fait ressembler au Christ-Serviteur.


5. Frères et sœurs dans le Seigneur, dans la première lecture du jour tirée du livre de l´Exode, Dieu lui-même donne à Moïse des prescriptions claires sur la célébration du repas pascal, comme signe de l´alliance qu´il scelle avec son peuple, et symbole du salut qu´il lui offre. En effet, le Seigneur déclare : « Ce jour-là sera pour vous un mémorial. Vous en ferez pour le Seigneur une fête de pèlerinage. C´est une loi perpétuelle : d´âge en âge vous la fêterez » (Ex 12, 14).


6. Toutefois avec Jésus-Christ, le nouvel Agneau pascal, nous entrons désormais dans une Alliance nouvelle, scellée dans son sang versé pour le salut de la multitude. L´Eucharistie, instituée par le Seigneur, est donc la Pâque nouvelle, dont l´Eglise, nouveau peuple de Dieu, fait continuellement mémoire. Elle est mémorial de la Pâque du Christ et don de salut pour nous aujourd´hui. Telle est l´idée qui ressort de la deuxième lecture extraite de la première lettre de St Paul aux Corinthiens. Reprenant les paroles du Seigneur, à savoir : « Ceci est mon corps, qui est pour vous » (1Cor11, 24) et « cette coupe est la nouvelle Alliance en mon sang » (1Cor 11, 25), St Paul nous invite donc à faire mémoire du Seigneur jusqu´à son retour.


7. Oui frères et sœurs dans le Seigneur, dans l´Eucharistie que nous célébrons, il n’est pas question des signes ou des symboles de la présence du Christ. Bien au contraire, il s´agit de la présence réelle de Jésus, qui a voulu rester parmi nous, dans son Eglise. Et le prêtre, constitué ministre de ce sacrement, actualise en sa personne le mystère de la présence et de l´unique sacrifice de Jésus-Christ. Dans ce sens, je vous exhorte tous et toutes à rencontrer le Christ dans l´Eucharistie et à prolonger votre présence à ses côtés par l´adoration eucharistique, comme celle que nous allons faire ce soir.


8. Dans l´Evangile du jour, St Jean met en lumière la présence du Seigneur dans la vie ordinaire de chaque chrétien. En effet, la pratique du commandement de l’amour rend visible la présence du Christ dans et pour le monde. Certes St Jean ne rapporte pas l´Institution de l´Eucharistie dans son Evangile, mais mentionne bien le lavement des pieds. Ce dernier est un geste symbolique par lequel Jésus manifeste le grand amour dont il aime les siens. Ainsi, la présence réelle du Christ se dévoile dans le service concret et humble que nous rendons à nos frères et sœurs.


9. Nous ne pouvons pas prétendre être proches de Dieu, si nous ne sommes pas proches de nos frères et sœurs. Sainte Mère Theresa l´a bien compris lorsqu´elle disait : « Chaque jour je communie deux fois : Une première fois le matin, lorsque je suis dans la chapelle ; et une seconde fois au cours de la journée, lorsque je suis dehors, dans les rues de Calcutta, quand je rencontre et touche Jésus dans les pauvres et les mourants ». Pensons donc à exercer la charité et à mieux l´organiser dans nos communautés et nos paroisses.


10. Oui, Jésus, prenant le tablier de serviteur, a touché et lavé les pieds de ses disciples. Il fait tout par amour. Et il nous invite aujourd´hui à imiter son geste à la fois simple et plein d´amour : « Si donc moi, le Seigneur et le Maître, je vous ai lavé les pieds, vous aussi vous devez vous laver les pieds les uns aux autres. C´est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez, vous aussi, comme j´ai fait pour vous » (Jn 13, 14-15).


11. Alors que nous rendons grâce à Dieu pour les dons inouïs de l´Eucharistie et du Sacerdoce, demandons au Seigneur de nous aider à réaliser chaque jour davantage la beauté de sa présence réelle au milieu de nous et à imiter son geste d´amour et de donation totale pour le salut de tous. Amen.


Fridolin Cardinal AMBONGO, ofm cap

Archevêque Métropolitain de Kinshasa