Exhortation de son Eminence Fridolin Cardinal AMBONGO á l´occasion de la Célébration de la Passion


Exhortation de son Eminence Fridolin Cardinal AMBONGO, Archevêque Métropolitain de Kinshasa, á l´occasion de la Célébration de la Passion du Seigneur. Vendredi saint 2022 Le 15 avril 2022, à la Paroisse Saint Eloi Textes liturgiques : Is 52.13—53.12 ; Hb 4,14—16 ; 5, 7-9 ; Jn 18.1—19, 42


Mes chères Diocésaines et Diocésains, Chers Frères et Sœurs dans le Seigneur,


1. En ce soir du Vendredi saint, nous célébrons la Passion de notre Seigneur Jésus. Le procès, les souffrances et les humiliations qu´on fait subir à notre Seigneur Jésus s´achèvent par sa mort sur la croix. Le Juste souffre et meurt sur la croix, comme un vulgaire criminel. Comment est-il arrivé là, sur cette croix, lui l´innocent ? La mort du Seigneur sur la croix porte un message fort. En effet, c´est précisément sur la croix que l´amour de Dieu pour les hommes s´est exprimé de manière parfaite. C´est sur la croix que s´est accompli le salut de l´humanité. Voilà pourquoi pendant le chemin de la croix que nous venons de faire, nous répétions la prière suivante : « Seigneur Jésus, nous te louons et nous te bénissons, car tu as racheté le monde par ta sainte croix ».


2. Frères et sœurs dans le Seigneur, hier nous avions terminé la Célébration de la Cène du Seigneur par l´acte d´adoration du Saint-Sacrement. Le silence qui a mis fin à la célébration de Jeudi Saint nous faisait déjà entrer dans le mystère de ce jour du Vendredi Saint, à savoir: La passion et la mort de notre Seigneur Jésus. Le Fils de Dieu souffre atrocement et meurt sur la croix. Tout semble s´arrêter et c´est le grand silence. Aujourd´hui, je vous exhorte à tirer profit de cet instant de silence pour comprendre ce que Dieu, par la mort de son unique Fils, a réalisé pour nous.


3. La mort de Jésus sur la croix n´est pas signe d´impuissance de Dieu, moins encore l´abandon du Fils par le Père. Bien au contraire, cette mort nous dévoile de manière encore plus éclatante l’amour et l´identité même de Dieu. En effet, « Dieu est amour » (1Jn 4, et « il n'y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis » (Jn 15, 13). Tel est le message central du Vendredi saint, qui est l´unique jour de l´année, où l´Eglise ne célèbre pas l´Eucharistie. Car nous revivons en ce jour saint ce dont l´Eucharistie est précisément le mémorial, c´est-à-dire la mort rédemptrice de Jésus-Christ.


4. Oui, frères et sœurs dans le Seigneur, « il fallait qu´un seul homme puisse mourir pour le salut de tout le peuple » (Cf. Jn 18, 14). Trahi, défiguré, jugé, moqué et crucifié par les hommes, Jésus devient l´Homme pour les autres, l´Homme que nous sommes nous aussi appelés à devenir. La Parole de Dieu que nous venons d´entendre éclaire ainsi ce mystère de la passion et de la mort de Jésus, notre Seigneur.


5. La première lecture, tirée du livre du prophète Isaïe, décrit les souffrances du Serviteur de Dieu dont le visage était si défiguré qu´il ne ressemblait plus à un homme. Pourtant, écrit Isaïe, « parce qu´il a connu la souffrance, le juste, mon serviteur, justifiera les multitudes, il se chargera de leurs péchés » (Is 53, 11). C´est donc pour nos fautes et à cause de nos péchés que le Serviteur de Dieu était transpercé et écrasé.


6. Ce serviteur de Dieu dont parle Isaïe est bien la figure du Christ, comme le révèle la deuxième lecture tirée de l´épitre aux Hébreux : « Bien qu´il soit le Fils, il a pourtant appris l´obéissance par les souffrances de sa passion ;et ainsi conduit à sa perfection, il est devenu, pour tous ceux qui lui obéissent, la cause du salut éternel » (Hb 5, . Oui, frères et sœurs dans le Seigneur, Jésus a connu nos épreuves et nos cris ; il a versé nos larmes. Bref, il a partagé notre condition, mais il n´a pas connu le péché. Si nous le suivons dans sa divine obéissance, nous serons sauvés.


7. La mort de Jésus sur la croix doit aujourd’hui nous interpeler tous et toutes, pour que nous puissions prendre la mesure du prix du sacrifice de Jésus dont la crucifixion devient source de la vie et engendre une humanité nouvelle. Quand nous allons vénérer la croix de Jésus tout à l´heure, levons les yeux vers celui qu´ils ont transpercé, et déposons au pied de sa croix nos petites croix, celles de nos familles, de notre pays et du monde. Ainsi, du côté transpercé du Seigneur jaillit continuellement la vie en abondance pour le renouveau de notre monde.

Amen.

Fridolin Cardinal AMBONGO BESUNGU Archevêque Métropolitain de Kinshasa.